Certains extincteurs SICLI fabriqués avant juin 2022 ont fait l’objet de mesures correctives après l’identification d’un risque lié au remontage de leur tête lors de la maintenance. Les autorités ont imposé en 2023 une mise en conformité des appareils concernés, tandis que leur conception a depuis été modifiée.
Pourquoi certains extincteurs SICLI ont-ils fait l’objet d’une alerte ?
Les premiers incidents signalés remontent à 2020. Après plusieurs analyses et essais techniques, un arrêté du 21 juin 2023 a imposé à Chubb France, distributeur des appareils en France, de corriger les extincteurs concernés et d’interdire la commercialisation des anciens modèles non remis en conformité.
La décision visait des extincteurs à pression auxiliaire fabriqués par Gloria GmbH et vendus principalement sous la marque SICLI. Les autorités ont retenu l’existence d’un risque pour la sécurité des utilisateurs, tandis que Chubb France a précisé que celui-ci apparaissait en cas de remontage incorrect après une opération de maintenance.
Quel est exactement le problème rencontré ?
Pour comprendre l’origine de l’alerte, il faut s’intéresser à l’assemblage de l’appareil. La tête de l’extincteur est fixée au corps par une bague de serrage, démontée lors de certaines opérations d’entretien ou de recharge.
Une bague susceptible d’être mal revissée
Sur les modèles fabriqués avant juin 2022, les essais du CNPP ont mis en évidence une possibilité de vissage incorrect de la bague. Si la tête était remontée de travers, elle pouvait sembler fixée sans être correctement verrouillée.
Le danger apparaissait au moment de l’activation de l’extincteur. Sous l’effet de la mise en pression, la tête pouvait se désolidariser du corps et être projetée, avec un risque de blessures pour l’utilisateur ou les personnes proches.
Un défaut de sécurité mécanique
Le problème ne concernait pas directement la capacité de l’extincteur à éteindre un feu. Il portait sur la sécurité de son assemblage après maintenance.
Cette distinction explique les mesures retenues par les autorités et le distributeur :
- le renforcement des procédures de démontage et de remontage ;
- le remplacement de la bague d’origine par une version améliorée ;
- la mise en conformité progressive du parc installé.
Quels extincteurs SICLI sont concernés ?

L’alerte ne concerne pas l’ensemble des extincteurs commercialisés par SICLI, mais des modèles à pression auxiliaire fabriqués avant le 1er juin 2022 par Gloria GmbH et distribués en France par Chubb. Au total, 37 références sont visées par l’arrêté ministériel, principalement des extincteurs de 6 à 9 kg ou litres.
Ces appareils appartiennent à plusieurs gammes commercialisées sous différentes marques, notamment :
- INtégral ;
- INdium ;
- MAT TOP 2.0.
Parmi les références les plus connues figurent notamment les modèles SK6P, P6P, SK9P, P9P, SK6E, SK9E, P6S, P9S ou encore SK6M et SK9M. La liste complète des références concernées figure dans l’arrêté du 21 juin 2023.
Il est important de préciser qu’un extincteur SICLI n’est pas automatiquement concerné. Le critère déterminant reste sa date de fabrication. Les modèles conçus à partir de juin 2022 bénéficient d’une évolution de conception destinée à supprimer le risque identifié sur les appareils de l’ancien design.
Quelles mesures ont été mises en place pour sécuriser ces extincteurs ?
À la suite des investigations menées par les autorités, Chubb France et le fabricant Gloria, un plan d’action préventif a été déployé afin de sécuriser l’ensemble du parc concerné. L’objectif n’était pas de remplacer systématiquement tous les extincteurs, mais de supprimer le risque identifié grâce à plusieurs mesures complémentaires.
Une nouvelle bague de serrage
La principale évolution technique a consisté à modifier la bague de serrage utilisée pour fixer la tête de l’extincteur. Le nouveau modèle intègre un chanfrein qui empêche le vissage incorrect mis en évidence lors des essais réalisés par le CNPP.
Cette nouvelle conception équipe les extincteurs fabriqués depuis juin 2022. Pour les appareils déjà installés, le remplacement de la bague devait être réalisé lors d’une visite de maintenance préventive, sans qu’il soit nécessaire de remplacer systématiquement l’extincteur complet.
Des procédures de maintenance renforcées
En parallèle, les opérations de maintenance ont été revues afin de limiter tout risque d’erreur lors du remontage de la tête. Les professionnels chargés de l’entretien disposent désormais d’une procédure renforcée comprenant plusieurs contrôles mécaniques et visuels avant la remise en service de l’appareil.
Des documents techniques, des vidéos explicatives et des actions de sensibilisation ont également été diffusés auprès des entreprises de maintenance afin d’harmoniser les bonnes pratiques sur l’ensemble du territoire.
Le remplacement complet dans certains cas
Si le changement de bague constituait la solution retenue pour la majorité des extincteurs, certains utilisateurs faisaient l’objet d’un traitement particulier. Les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) ainsi que les organismes de formation, dont les extincteurs sont sollicités beaucoup plus fréquemment, devaient bénéficier d’un remplacement complet des appareils concernés.
Cette mesure visait à sécuriser en priorité les équipements utilisés de manière intensive et régulièrement rechargés.
Où en est la situation aujourd’hui ?

Le plan de mise en conformité prévoyait que l’ensemble des extincteurs concernés soit traité au plus tard avant le 1er février 2025. Cette échéance est désormais dépassée et les appareils fabriqués selon l’ancien design ne sont plus commercialisés lorsqu’ils n’ont pas été remis en conformité.
Pour autant, cela ne signifie pas que tous les anciens extincteurs ont disparu. Certains peuvent toujours être installés dans des bâtiments ou des locaux professionnels. Si leur maintenance a été réalisée conformément au plan d’action et que la bague améliorée a été installée, ils peuvent continuer à être utilisés dans les conditions prévues par le fabricant.
En revanche, si vous possédez un extincteur fabriqué avant juin 2022 et que vous ne connaissez pas son historique de maintenance, il est recommandé de faire vérifier son état par un professionnel qualifié. Cette vérification permettra de confirmer que l’appareil a bien bénéficié des modifications prévues dans le cadre du plan de mise en conformité.
Comment savoir si votre extincteur est concerné ?
Avant d’envisager un remplacement, il est conseillé de vérifier si votre appareil fait réellement partie des références concernées par les mesures de mise en conformité. Quelques contrôles simples permettent déjà d’obtenir une première réponse :
- Vérifier la date de fabrication de l’extincteur.
- Relever sa référence et la comparer avec la liste officielle des modèles concernés.
- Consulter les informations figurant sur l’étiquette de maintenance.
- Demander à votre entreprise de maintenance si la bague de serrage a été remplacée dans le cadre du plan d’action.
Si vous ne disposez pas de ces informations ou si l’historique de maintenance est incomplet, le plus prudent reste de faire contrôler l’appareil par un professionnel. Il pourra vérifier sa conformité et confirmer si les mesures correctives prévues ont bien été appliquées.